Campagne de soutien

CAM, on ne t’oublie pas

UN MESSAGE SPÉCIAL DE LA MAMAN DE CAM

Cam Lyster photos


Si je vous présentais mon fils Cam, la première chose que vous remarqueriez est son sourire de travers. Tout ou presque le faisait sourire. On sentait immédiatement que l’on pouvait se nouer d’amitié avec lui.

Son côté farceur était doublé d’un esprit perspicace et analytique. Cam adorait faire rire les gens, mais il était tout aussi aisé pour lui de participer à un débat sérieux. S’il ne savait pas quelque chose, il veillait à l’apprendre afin de ne pas se faire avoir de nouveau.

UN DÉSIR DE SERVIR

En 2016, Cam a été accepté au programme d’ingénieur technologue en durabilité énergétique (Energy Sustainability Engineering Technologist) au Collège communautaire de la Nouvelle-Écosse, à Middleton, dans cette province. C’était vraiment loin de chez nous, soit Camrose, en Alberta. Mais Cam avait confiance en l’avenir et il était plus que prêt à être indépendant.

Dans les quelques mois qui ont suivi son arrivée en Nouvelle-Écosse, il s’est joint au 36e Bataillon des services à Aldershot, qui est une unité de la Réserve de l’Armée canadienne. Il adorait absolument tout de l’armée (sauf peut-être la nourriture!) et ses plans ont changé complètement. Au bout d’un an, il a abandonné le collège pour se concentrer sur une carrière à temps plein dans les Forces canadiennes.

Au printemps 2016, Cam est venu à la maison nous rendre visite. Il m’a alors dit qu’il avait fréquemment la diarrhée. Je lui ai demandé s’il se sentait stressé, s’il buvait trop souvent, s’il y avait du sang dans ses selles, s’il s’alimentait bien, bref, toutes les choses qui sont habituellement liées à la diarrhée. Il a répondu par la négative à toutes mes questions, sauf à une : il avait constaté la présence occasionnelle de sang. Il était occupé à préparer son instruction et il m’a promis que si ça empirait, il irait immédiatement voir le médecin.

À la fin du mois d’août, la quantité de sang rouge vif était plus grande. Il a pu se trouver un médecin, il a obtenu de ce dernier une orientation vers un gastroentérologue, et au début de décembre, il a reçu un diagnostic de pancolite ulcéreuse. On lui a prescrit des médicaments et on lui a donné un rendez-vous de suivi.

UN DÉCLIN DRASTIQUE

Le médicament qui avait été prescrit à Cam a rapidement perdu son efficacité, et une poussée active intense de la maladie s’est manifestée. Lorsqu’est venu le temps de son second rendez-vous chez le gastroentérologue en janvier 2017, il avait perdu 30 livres. Ses symptômes – faiblesse, fatigue, besoin de se trouver à proximité de toilettes – nuisaient à son travail à la Réserve. Sa diarrhée était à son pire la nuit et il avait beaucoup de quarts pendant cette dernière. Ainsi, durant le jour, il était épuisé parce qu’il avait été éveillé toute la nuit.

À travers tout cela, il tentait de bien poursuivre son travail à la Réserve. Mais, un jour, le téléphone a sonné; c’était Cam. « Mon rêve est mort », a-t-il déclaré. Il a pris la décision de demander d’être libéré de la Réserve et de retourner en Alberta, où on allait pouvoir prendre soin de lui.
Le frère de Cam, Greg, et moi, nous sommes envolés pour la Nouvelle-Écosse afin d’aider Cam à déménager.
 
La personne qui nous a accueillis était méconnaissable; nous étions sous le choc. Cam était livide. Ses lèvres étaient dénuées de couleur, sa peau était presque translucide et il perdait ses cheveux. Il avait tant de difficulté à respirer que monter cinq marches était chose presque impossible. Quel soulagement cela a été que de voir finalement Cam franchir la porte de notre maison. Nous étions persuadés que c’était le début de sa guérison et que nous pouvions y arriver ensemble. Maman pouvait tout régler. 

L’APPEL

C’était le dimanche 19 mars 2017. Cam avait un rendez-vous à la Clinique des maladies inflammatoires de l’intestin de l’hôpital de l’Université de l’Alberta à Edmonton le jour suivant. Il envisageait sérieusement de subir l’ablation du côlon et il allait le mentionner à la personne qui le recevrait. En tant que famille, nous l’appuyions s’il décidait d’emprunter cette voie; nous aurions fait n’importe quoi pour qu’il aille mieux. 

Tôt ce dimanche matin-là, j’ai reçu un appel téléphonique de Cam. Il était dans le sous-sol, incapable de trouver la force nécessaire pour crier à l’aide. Je me suis précipitée en bas pour le trouver étendu sur le sofa, en train de chercher son air, sa poitrine se soulevant et s’affaissant rapidement. Il a dit, en murmurant, qu’il était en train de vivre une crise de panique. Je lui ai frotté la poitrine et j’ai compté pour lui afin de l’aider à ralentir sa respiration. Il n’y parvenait pas.

J’ai composé le 911. Alors que j’étais au téléphone avec la personne ayant pris mon appel, Cam s’est levé d’un bond, ses jambes et ses bras ont battu l’air et il a crié. La personne au bout du fil m’a demandé de déverrouiller la porte avant, car l’ambulance était presque là. J’ai couru en haut pour déverrouiller la porte et je suis retournée à la course au sous-sol. Cam était roulé en boule sur le sofa et je l’ai entendu exhaler son dernier soupir. Il a été emporté dans la mort en raison d’un intestin perforé.

PAS DE MOTS, PAS DE SOLUTION

Notre univers s’est écroulé lorsque Cam est décédé. Il n’y a pas de solution à la perte d’un enfant. Il existe des mots pour une personne qui a perdu une conjointe ou un conjoint – veuve ou veuf. Les enfants qui perdent leurs parents sont des orphelins. Il n’existe pas de mots pour décrire ce que l’on devient lorsque l’on perd son enfant. Chaque matin, nous nous réveillons et Cam n’est pas avec nous.

Je n’ai pas pu sauver mon fils, alors le moindre que je puisse faire pour lui est de sensibiliser les gens à la maladie qui l’a emporté. C’est devenu ma mission.​

Jamais, à quelque moment que ce soit durant le bref parcours de Cam avec la colite ulcéreuse, n’a-t-il été mis au courant que cette maladie pouvait être fatale. Je veux changer cela. Je souhaite que les personnes soient au fait de la gravité de cette maladie. Ce n’est pas « juste » la colite. 

Faites preuve de vigilance, suivez les recommandations du médecin et n’hésitez pas à vous rendre à l’hôpital si les symptômes s’aggravent. Faites valoir vos droits et assurez-vous que votre équipe de soins de santé soit à l’écoute. Il peut être difficile de trouver les spécialistes dont on a besoin, alors veillez à ce que votre médecin de famille sache bien ce qui se passe si vous devez le rencontrer lui plutôt que le gastroentérologue. Connaissez bien votre situation et demeurez au fait des plus récents développements en recherche. Et surtout, parlez de votre maladie avec les gens, car qui dit compréhension dit acceptation.

D’un incroyable altruisme, Cam se souciait toujours des autres. Il prônait le don d’organes (lui-même ayant décidé de faire don de ses tissus et de ses cornées), il faisait fièrement don de son sang et il avait choisi de servir dans les forces armées afin de pouvoir redonner. Tous les membres de la famille et les amis de Cam sont fiers que son histoire puisse être utilisée pour éduquer d’autres personnes. D’ailleurs, Cam n’aurait pas hésité une seconde à partager son expérience pour aider les autres; c’était tout simplement dans sa nature!
Veuillez donner dès aujourd’hui pour faire progresser la recherche, les soins et les services de soutien afin que les personnes aux prises avec une maladie inflammatoire de l’intestin puissent bien vivre et atteindre leur plein potentiel. 

Shirley Lyster Signature

Shirley Lyster
Défenseur et soutien de Crohn et Colite Canada


Faites un don aujourd'hui

  • Les taux de ces maladies au Canada figurent parmi les plus élevés du monde.
  • 1 CANADIEN SUR 140 vit avec la maladie de Crohn ou la colite
  • Pour la première fois, les familles nouvellement arrivées au Canada contractent la maladie de Crohn et la colite
  • Depuis 1995, l’incidence de la maladie de Crohn chez les enfants canadiens de 10 ans et moins a presque doublé
  • Les gens sont le plus souvent diagnostiqué avant 30 ans.

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