Simon Pan: Cette maladie ne doit pas vous définir.

Simon Pan: Cette maladie ne doit pas vous définir.
Le parcours de Simon qui l’a conduit à l’obtention d’une bourse d’études sur les MII de Crohn et Colite Canada n’a pas été de tout repos. Mais sa détermination et son inspiration pour aider d’autres personnes comme lui sont nobles. Il a utilisé sa maladie pour tracer la voie qu’il a suivie.
 
Quand j’étais enfant, si vous m’aviez demandé « ce que je voulais faire plus tard », je vous aurais dit un million de choses différentes : astrophysicien, informaticien, auteur. Plus je grandissais, moins j’étais sûr de moi. À l’approche du secondaire, j’étais hanté par une pensée constante : qu’allais-je faire de ma vie ? Je ne savais pas. Ce que je savais par contre, c’est que j’adorais les histoires et les sciences. Mais comment combiner les deux d’une manière qui me paraisse significative et épanouissante ?

Puis, je me suis retrouvé à l’urgence.

Vers l’âge d’environ 14 ans. Je souffrais de crampes d’estomac et d’autres problèmes gastro-intestinaux depuis un certain temps, mais j’ai soudainement été obligé d’aller à l’hôpital pour drainer un gros abcès périanal. La douleur était intense, mais ce n’était que temporaire. C’est du moins ce que je me suis dit.
Quelques mois plus tard, l’abcès est réapparu. Salle d’urgence, prélèvements, antibiotiques. Lorsque l’abcès est réapparu pour la troisième fois, je savais à quoi m’attendre, mais j’ai commencé à me demander si je me sentirais un jour à nouveau normal. Au cours de l’été de mes 14 ans, j’ai été hospitalisé pour une coloscopie et un traitement pour les abcès récurrents.

Dans les semaines qui ont suivi, on m’a diagnostiqué la maladie de Crohn et j’ai appris que j’avais une fistule périanale. Ce fut une période folle et agitée de ma vie, mais malgré tous ces changements, il y a une chose que je n’oublierai jamais : la gentillesse et la compassion des médecins et de l’équipe soignante qui m’ont soutenu tout au long de mon séjour à l’hôpital. C’est cette expérience qui a allumé une étincelle en moi.

C’est donc devenu mon objectif : travailler dur, être reçu à la faculté de médecine et grandir pour avoir un impact sur les patients, comme les médecins qui ont contribué à façonner ma vie. Facile, non ?

Ce que la plupart des gens ne réalisent pas avec la maladie de Crohn, c’est le nombre de différents facteurs qui peuvent déclencher une poussée. Pour moi, le stress a toujours été l’un des pires coupables. Je me souviens d’être resté éveillé avant le tout premier examen de mon diplôme de premier cycle en sciences médicales, incapable de m’endormir et d’en avoir ressenti les effets dans les toilettes dès le lendemain matin.

Ce fut une histoire similaire avec mon examen MCAT : la douleur lancinante dans mon estomac alors que je restais éveillé en prévision de ce que la matinée allait me réserver.

Vivre avec la maladie de Crohn m’a également poussé à adapter mon mode de vie de différentes manières. Je suis un régime alimentaire strict : il exclut de nombreux aliments et je dois préparer tous mes repas.

Au début, c’était difficile d’expliquer à mes amis pourquoi je ne pouvais pas sortir dîner avec eux, ou pourquoi je ne pouvais pas manger ce qu’ils avaient préparé quand on passait du temps ensemble. Au fil du temps, c’est devenu une seconde nature pour mes amis proches de se renseigner sur mes restrictions alimentaires.

Et puis il y a la question de la position assise.

« Pourquoi étudies-tu debout? »

C’est ce que mon frère m’a demandé un jour quand il est entré dans ma chambre et qu’il m’a trouvé debout avec mon ordinateur portable placé au-dessus de ma commode. Je lui ai alors répondu que j’avais encore une fois un abcès dans cette région. M’assoir, ça voulait dire éprouver de la douleur; et la douleur signifiait qu’il me serait impossible de me concentrer sur les enregistrements du cours que je révisais pour mon prochain semestre. Heureusement, cet abcès n’a pas nécessité de drainage chirurgical, mais ce fut une frayeur et un rappel persistant que la vie avec la maladie de Crohn est un contrat à vie auquel je n’avais pas l’intention de signer.

Aujourd’hui, je suis plus que fier et reconnaissant de dire que je suis désormais étudiant en médecine à l’École de médecine Michael G. DeGroote de l’Université McMaster. C’est un peu bizarre de penser que je ne serais peut-être pas là si on ne m’avait pas diagnostiqué la maladie de Crohn il y a toutes ces années… mais c’est valorisant. Et même si mon diagnostic ne me définit pas, la maladie de Crohn a façonné ma vie de plusieurs manières : résilience, détermination, empathie. En plus de ça, elle m’a aidé à choisir ma voie dans la vie : un problème qui me hantait depuis mon enfance.
 
Testez vos connaissances avec le questionnaire de cette semaine pour le Mois de la sensibilisation : Traitements de la maladie de Crohn et de la colite ulcéreuse !

  • Les taux de ces maladies au Canada figurent parmi les plus élevés du monde.
  • 1 CANADIEN SUR 140 vit avec la maladie de Crohn ou la colite
  • Pour la première fois, les familles nouvellement arrivées au Canada contractent la maladie de Crohn et la colite
  • Depuis 1995, l’incidence de la maladie de Crohn chez les enfants canadiens de 10 ans et moins a presque doublé
  • Les gens sont le plus souvent diagnostiqué avant 30 ans.

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