Sur la bonne voie de l'avenir

Mollie Jepsen
Mollie Jepsen pratique le ski depuis l’âge de deux ans. Cette femme qui a grandi à West Vancouver allait souvent descendre les pistes de ski pour le plaisir. Certes, elle a essayé d’autres sports, mais aucun d’eux ne lui donnait la dose d’adrénaline que procure le fait de dévaler une montagne couverte de neige, et de plus, elle tirait beaucoup de satisfaction chaque fois qu’elle atteignait un des petits objectifs qu’elle se fixait pour devenir meilleure skieuse.

« Lorsque l’on skie, on va aussi vite qu’on peut. On éprouve le sentiment de maîtriser la situation, mais en même temps, on a aussi presque l’impression qu’elle nous échappe. Cet aspect-là me plait beaucoup. »

En 2016, elle s’est jointe à l’Équipe paralympique canadienne en tant que skieuse alpine. Elle a d’ailleurs à son actif un impressionnant palmarès de victoires dans le monde de la compétition. 

Deux années plus tard, lors de ses premiers Jeux paralympiques d’hiver à PyeongChang, Mollie a remporté quatre médailles, dont une médaille d’or, une des réussites dont elle s’enorgueillit le plus à ce jour. 

Toutefois, en coulisses, la jeune femme qui était alors âgée de 19 ans a commencé à remarquer que quelque chose n’allait pas. Alors qu’elle se préparait à la compétition qui allait avoir lieu en mars, elle s’est mise à éprouver des besoins urgents d’aller à la salle de bains. 

« Je suis tombée vraiment malade avant les Jeux en Corée, explique Mollie. Au début, j’ai cru que c’était parce que je me trouvais dans un autre pays et que je ne m’adaptais pas bien. »

Malgré tout, Mollie a persévéré. Forte des quatre médailles remportées, elle était motivée plus que jamais à repousser ses limites et à continuer d’améliorer ses aptitudes.

Le tournant a eu lieu en août 2018, alors que Mollie se trouvait en Amérique du Sud pour un camp d’entraînement. À ce moment, elle éprouvait de 10 à 12 fois par jour le besoin impérieux d’aller aux toilettes et elle ressentait des crampes et douleurs abdominales intenses.

Le tout a fini par devenir insupportable. Moins de 24 heures après son retour au Canada, Mollie a été emmenée d’urgence à l’hôpital.

« Nous penchons pour la maladie de Crohn ou la colite. »

Lorsque Mollie a entendu ces mots de la bouche de l’urgentologue, elle a craqué. « J’avais vraiment les émotions à vif, déclare t elle. C’était un moment très difficile. »

Initialement, elle ne savait pas trop comment la suite allait se passer. Son cousin avait lui aussi reçu un diagnostic de maladie de Crohn à l’âge de 12 ans. Elle avait vu le fardeau que cela lui avait imposé. Mollie allait-elle encore pouvoir réaliser ses rêves? 

Mais au fil du temps, la maladie de Crohn a commencé à devenir de plus en plus facile à gérer. Au lieu de rester uniquement dans le présent, dans l’immédiat, Mollie elle a cherché à changer sa manière d’aborder les choses en misant sur une pensée proactive. 

Son cousin est devenu une riche source d’information. « Il y a tant de choses que les gens ignorent, déclare Mollie. Je posais constamment des questions à mon cousin. Il est réassurant d’avoir quelqu’un qui vous dit que c’est normal [ce que vous traversez]. »

Mollie a appris à s’adapter aux besoins de son corps. Elle a réalisé que sa santé n’était pas assez bonne pour qu’elle puisse recommencer tout de suite à s’entraîner.

« J’ai partagé mon temps entre la maison et l’hôpital pendant huit mois et j’ai perdu beaucoup de ma résistance physique durant cette période, déclare t elle. Je ne possède plus la même capacité qu’avant pour skier; il ne serait pas sécuritaire pour moi de pousser mon corps comme je le faisais auparavant. »

Malgré cela, Mollie continue de travailler à l’atteinte de ses objectifs. Elle croit en la détermination, l’effort et la persévérance—mais à l’intérieur de certaines limites : « Vous devez trouver une manière de continuer à travailler fort sans vous surmener. »

Afin de bien gérer sa maladie inflammatoire de l’intestin (MII), Mollie s’efforce de bien observer son régime alimentaire. Actuellement, elle essaie davantage d’aliments à forte teneur en fibres pour voir comment son organisme réagit. 

Le stress a également une influence énorme sur la santé de Mollie. « C’est très prenant. Il y a de mauvaises journées et aussi des bonnes. Parfois, ça se détériore au point où on se sent comme aspiré par un trou noir. »

Certaines tactiques l’aident à surmonter l’aspect négatif de ce qu’elle vit. Par exemple, Mollie aime aller au gym, faire des siestes, être dehors ou se livrer à une activité qui lui permet de se vider la tête. Parler avec une personne en qui elle a confiance est toujours bienvenu.

« Parfois, tu ne saisis pas ce que tu es en train de vivre, alors tu ignores comment y réagir, expose Mollie. Il faut alors mettre à profit tout ce qui se trouve à notre portée. Parlez à des gens que vous aimez et à des psychologues, cela vous aidera à mieux comprendre ce que vous traversez. »

Grâce au soutien qu’elle a reçu de sa famille, des membres de son équipe sportive, des membres de son équipe de santé et de ses amis, Mollie pourra poursuivre ses objectifs à long terme. Actuellement, elle s’entraîne en vue des Jeux paralympiques de Pékin 2022 et elle étudie en arts et en sciences à l’Université Quest, dans l’espoir de s’orienter vers la physiothérapie par la suite.

Lorsqu’elle a été interrogée sur les conseils qu’elle donnerait aux personnes qui viennent de recevoir un diagnostic de MII, Mollie a répondu : « Il faut s’armer de patience. La maladie sera éventuellement gérable; il faut simplement donner au corps le temps de récupérer et de guérir. »

Elle reconnaît qu’un tel diagnostic peut être effrayant, mais elle rappelle du même souffle que la personne malade peut quand même prendre les rênes de sa situation. Il s’agit notamment de déterminer quelles stratégies l’aident à mieux se porter, d’utiliser ces stratégies pour rester à flot et de comprendre que les étranges symptômes éprouvés peuvent en fait être liés à la MII. C’est pourquoi il est important de faire part au médecin de ses opinions ou sensations. Qui plus est, il ne faut jamais arrêter d’apprendre.

  • Les taux de ces maladies au Canada figurent parmi les plus élevés du monde.
  • 1 CANADIEN SUR 140 vit avec la maladie de Crohn ou la colite
  • Pour la première fois, les familles nouvellement arrivées au Canada contractent la maladie de Crohn et la colite
  • Depuis 1995, l’incidence de la maladie de Crohn chez les enfants canadiens de 10 ans et moins a presque doublé
  • Les gens sont le plus souvent diagnostiqué avant 30 ans.

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