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Quelle est la différence entre probiotiques et prébiotiques?

Probiotiques et prébiotiques… deux termes qui, bien que voisins phonétiquement, n’ont pas du tout le même sens et affectent différemment le tube digestif des personnes aux prises avec une maladie inflammatoire de l’intestin (MII).

Les probiotiques sont en fait des micro-organismes vivants, similaires aux bactéries qui colonisent le corps humain – plus précisément l’intestin, mais surtout celui des bébés allaités en santé. Ingérés, ces micro-organismes sont reconnus pour leurs effets bénéfiques sur la santé, surtout chez les patients atteints d’une MII et plus particulièrement de colite ulcéreuse. 

En revanche, les prébiotiques sont en quelque sorte un « aliment » pour certains types de bactéries. En fait, il ne s’agit pas de bactéries vivantes, mais plutôt de glucides non digestibles (comme les fibres). On les retrouve dans nombre d’aliments naturels comme les fruits, les légumes et les céréales entières. En ingérant des prébiotiques, vous favorisez du coup la prolifération d’une certaine population de bactéries qui les consomment. Bref, vous multipliez ainsi vos probiotiques.

Les probiotiques peuvent-ils aider les personnes souffrant d’une MII? La Dre Elena Verdu du Farncombe Family Digestive Health Research Institute de l’Université McMaster étudie actuellement la façon dont le Bifidobacterium breve peut prévenir les poussées actives chez les souris souffrant d’une forme de colite. Elle reconnaît avec une certaine réserve que des produits précis contenant des probiotiques puissent réduire l’inflammation intestinale et fait remarquer qu’il existe diverses souches de probiotiques. Elle affirme cependant que les résultats des recherches portant sur la prévention de la maladie menées sur des modèles animaux sont encourageants.

Selon la Dre Verdu, la recherche clinique sur les MII (visant la diminution de la fréquence des poussées et des complications comme la pochite) menée sur des souris a démontré que les probiotiques sont beaucoup plus efficaces pour prévenir les poussées de la maladie que pour les atténuer. Elle ajoute que les résultats varient grandement en fonction des préparations, des doses et des types de probiotiques, mais que cela ne signifie en aucun cas qu’ils soient inutiles. 

Dre Elena Verdu

« Pour avoir une bonne idée des avantages. Il faudrait examiner les différentes souches de probiotiques au sein d’une population précise de personnes atteintes d’une MII et tenter d’en comprendre les mécanismes d’action. Ces informations devraient alors être intégrées aux essais cliniques, et à ce moment-là seulement, les probiotiques ayant fait leurs preuves sur le plan scientifique pourraient être commercialisés.

Les recherches subventionnées par Crohn et Colite Canada, à l’instar de celle menée par la Dre Verdu, ont pour but de faire la lumière sur le mode d’action des probiotiques sur un intestin enflammé ainsi que les causes de cette action. Entre-temps, il est tout naturel pour les patients souffrant d’une MII de vouloir s’assurer que les probiotiques sont sans danger pour leur santé et qu’ils peuvent améliorer leur qualité de vie.

Andrea Firmin, diététicienne à l’hôpital Mount Sinaï de Toronto, convient que les probiotiques peuvent aider à prévenir les complications comme la pochite et qu’il est essentiel de poursuivre les recherches pour déterminer le rôle que jouent ces derniers dans la rémission et sa durée chez les personnes souffrant de colite ulcéreuse. À son avis, le profil d’innocuité des probiotiques est très positif.

« Comme on rapporte peu d’effets indésirables causés par la prise de probiotiques, outre le problème de flatulences, on considère que ces produits sont inoffensifs, déclare madame Firmin. Elle invite toutefois les patients atteints d’une MII à choisir leurs probiotiques avec soin. 

« Si vous choisissez un des produits suivants, assurez-vous qu’il comporte un numéro d’identification (DIN), un numéro de produit naturel (NPN) ou un numéro de médicament homéopathique (DIN-HM). Dans tous les cas, parlez-en d’abord avec votre médecin. »

En général, on trouve des probiotiques dans des yogourts et sous forme de suppléments alimentaires, mais également dans divers aliments naturels :

  • Le babeurre, semblable au yogourt, peut servir de base à une boisson fouettée. Vous le trouverez dans le rayon des produits laitiers de la plupart des épiceries.
  • Le kéfir est une boisson faite à partir de lait de vache, de chèvre ou de brebis fermenté à l’aide de graines du même nom. Offert dans les magasins d’alimentation naturelle, le kéfir est une boisson au goût amer qu’on peut mélanger avec des fruits ou autres produits sucrants. 
  • Le tempeh est un produit à base de soya fermenté similaire au tofu, mais à la texture plus spongieuse. Il est riche en protéines et constitue une des rares sources de vitamine B12 d’origine végétale. 
  • Le miso est un condiment japonais obtenu par la fermentation de divers haricots ou graines. On l’ajoute à des soupes, à des sauces et à des tartinades. 
  • La choucroute est faite de chou fermenté ou macéré. On obtient des probiotiques en faisant fermenter du chou frais dans la saumure. 
  • Le kimchi rappelle la choucroute, mais en plus âcre et plus épicé. En Corée, on le sert comme met d’accompagnement ou comme une relish. 
  • La levure de bière, un sous-produit de la fabrication de la bière, semble contenir des probiotiques également.

Quelques sources de prébiotiques :

  • Racines de chicorée crue 
  • Topinambours crus
  • Feuilles de pissenlit crues 
  • Ail cru 
  • Poireaux crus
  • Oignons crus 
  • Oignons cuits
  • Asperges crues
  • Son de blé cru
  • Farine de blé entier cuite 
  • Banane crue

  • Les taux de ces maladies au Canada figurent parmi les plus élevés du monde.
  • 1 CANADIEN SUR 150 VIT AVEC LA MALADIE DE CROHN OU LA COLITE
  • Pour la première fois, les familles nouvellement arrivées au Canada contractent la maladie de Crohn et la colite
  • Depuis 1995, l’incidence de la maladie de Crohn chez les enfants canadiens de 10 ans et moins a presque doublé
  • Les gens sont le plus souvent diagnostiqué avant 30 ans.