Le hockey, la santé et les dures réalités : l’histoire du grand retour de Cohen Massey

Cohen Massey devant un ruban violet représentant la Journée mondiale des MICI

Pour Cohen Massey, joueur de hockey des Victoria Royals, endurer les douleurs de la maladie de Crohn semblait autrefois faire partie du jeu. Il s’agissait alors de rester sur la glace, de préserver ses chances de progresser et de conserver un semblant de vie normale, même lorsqu’il y avait quelque chose d’anormal dans son corps.

Le parcours de Cohen avec la maladie de Crohn a commencé à un jeune âge. À 13 ans, il a commencé à ressentir des problèmes d’estomac persistants, déroutants et difficiles à expliquer. À l’époque, ni lui ni sa famille ne comprenaient vraiment ce que voulaient dire ses symptômes ni à quel point ils pourraient s’aggraver.

Comme beaucoup de jeunes athlètes, il s’est concentré sur son activité physique et sur la pratique du sport qu’il aimait.

« Quand on est un athlète, on vous apprend à endurer toutes les difficultés, explique Cohen. J’ai essayé de cacher ma maladie de Crohn, et c’est en partie pour cette raison que je suis devenu si malade. »

Cohen a passé de nombreuses journées à gérer sa douleur tout en continuant à s’entraîner et à participer aux compétitions. Il persistait en dépit de l’inconfort qu’il ne comprenait pas vraiment. Il craignait aussi que diminuer ses efforts ou parler de ses symptômes ne lui coûte sa place dans l’équipe.

Il s’est consacré à son alimentation, à son entraînement et au maintien de sa force. Bien que ces routines étaient bénéfiques pour sa performance, elles compliquaient aussi la détection des signes de réactivation de la maladie. Ses symptômes se manifestaient souvent discrètement, et permettaient aux poussées de passer inaperçues alors qu’il continuait à se dépasser physiquement.

Vivre avec une maladie inflammatoire de l’intestin (MII) signifie affronter des défis largement invisibles pour les autres. Alors que ses coéquipiers se concentraient sur les entraînements, les parties de hockey et les déplacements, Cohen devait gérer des routines strictes, des restrictions alimentaires et l’incertitude associée aux symptômes qui pouvaient survenir sans crier gare.

« Les gens ne voient pas la planification, le stress, ni le fait que je dois toujours savoir où se trouvent les toilettes, explique-t-il. Cela fait tout simplement partie de la vie avec la maladie de Crohn et la colite. »

En 2025, alors qu’il jouait loin de chez lui, en Alberta, Cohen a connu une poussée soudaine et sévère. Son état s’est aggravé rapidement et a nécessité plusieurs transferts hospitaliers ainsi que des soins d’urgence. La maladie de Crohn avait perforé des sections de son intestin et provoqué une grave infection systémique. Les chirurgiens ont dû retirer plus d’un mètre et demi de son intestin grêle.

Pour Cohen, la crainte l’emportait bien au-delà de sa santé. Le hockey faisait partie intégrante de son identité. La possibilité de perdre cette partie de lui l’a forcé à affronter tout ce qu’il avait évité jusqu’alors.

Avec le temps, la convalescence et le soutien, Cohen explique que cette expérience lui a permis de voir les choses différemment.

« Je suis reconnaissant d’avoir eu plus de temps pour jouer, pour vivre et pour comprendre certaines choses », a-t-il déclaré.

Son retour chez lui, à Vancouver, a été un moment décisif. Cohen s’est consacré à sa convalescence et au traitement continu. Il gérait sa maladie grâce à des soins médicaux réguliers. Avec le soutien de sa famille, de ses familles d’accueil, de ses entraîneurs et de ses coéquipiers, il s’est focalisé sur le fait de retrouver sa force et sur la manière de retrouver le sport qui a toujours été au cœur de sa vie.

« La chose la plus surprenante a été de me rendre compte que personne ne me regardait différemment après en avoir parlé, explique-t-il encore. Mon équipe m’a soutenu. »

Les jours où il s’inquiétait de devoir planifier ses journées en fonction de sa maladie, de la cacher et de ne jamais faire d’erreur étaient désormais derrière lui.

Quand il a rejoint les Victoria Royals un peu plus tard, il y a trouvé énormément de soutien. Motivé par l’importance qu’avait l’appui de la communauté pour lui, il a travaillé avec l’équipe pour organiser une collecte de fonds lors d’une partie de hockey. Plus de 4000 partisans ont assisté à la rencontre. Pour beaucoup, c’était la première fois qu’ils entendaient parler de la maladie de Crohn et de la colite ulcéreuse. Ensemble, les membres de la communauté ont réussi à recueillir près de 7000 $ au profit de Crohn et Colite Canada.

« Voir autant de personnes répondre à l’appel était surréaliste, explique Cohen. Cela m’a montré à quel point cette communauté est vraiment solide. »

Cette expérience a renforcé quelque chose que Cohen n’avait commencé à croire qu’après sa maladie : s’exprimer sur sa maladie ne changeait pas la façon dont il était perçu. Au contraire, cela renforçait le soutien de son entourage.

Aujourd’hui, Cohen utilise son expérience pour soutenir les autres personnes touchées par la maladie de Crohn et la colite, en particulier les jeunes hommes et les athlètes qui peuvent ressentir la pression de garder le silence à propos de leur santé.

« S’ouvrir peut faire peur, mais ce n’est pas le cas, explique-t-il. Une fois que vous réalisez que vous n’êtes pas seul, c’est plus facile. Ça vous libère. »

En livrant son témoignage, Cohen espère rappeler aux autres que comprendre les symptômes, en parler plus tôt et demander de l’aide peut changer la vie — tant sur la glace qu’à l’extérieur de l’aréna.

  • Les taux de ces maladies au Canada figurent parmi les plus élevés du monde.
  • 1 CANADIEN SUR 140 vit avec la maladie de Crohn ou la colite
  • Pour la première fois, les familles nouvellement arrivées au Canada contractent la maladie de Crohn et la colite
  • Depuis 1995, l’incidence de la maladie de Crohn chez les enfants canadiens de 10 ans et moins a presque doublé
  • Les gens sont le plus souvent diagnostiqué avant 30 ans.

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